« GERMINAISSONS » par Lydie ARICKX

Espace des Augustins de MONTAUBAN

« La seule aventure possible aujourd’hui est celle de l’imagination », disait Gaston Rébuffat. Célèbre alpiniste, il fut meilleur que Sisyphe qui n’arriva jamais au sommet ! Que dire de Lydie Arickx sinon qu’elle est de la même veine, remet chaque jour sur l’ouvrage l’œuvre de sa vie, sans relâche ou lassitude ? Il faut imaginer Lydie Arickx heureuse*.

L’exposer est une véritable aventure pour tout commissaire, un défi comme est celui d’aborder une falaise sinon d’approcher une tornade pour tenter de la contraindre en un espace clos et démesurément exiguë. Défi engageant assumé par l’espace des Augustins de Montauban pour cette année 2026.

Est-il utile de retracer ici la carrière immense et en mouvement perpétuel de cette artiste incontournable et, comment est-il possible d’y échapper ? du Japon au centre Pompidou, de Bâle à New-York, du fond du Gers au château de Chambord, Lydie investit chaque espace offert, du plus discret au plus gigantesque. Chaque fois avec le même appétit, la même énergie, les mêmes engagements exigeants. C’est une Nature ! Pourrait-on dire trivialement. Celle-là même qui, sous pression, sait se régénérer et renaitre toujours de ses cendres, profiter de toute anfractuosité. De ses créations elle est la cellule souche, la super cellule orageuse, emmaillotée dans de multiples vêtements qui la protègent et concentrent ses forces en un tournoiement qui entraine tout avec elle. Est-ce un hasard qui la fait aimer le hard-métal ? fracas de l’énergie libérée, tôles, membres, émotions, mots et terres emportées. D’aucuns détournent la tête ; l’immensité peut mordre, le sublime effrayer. Lydie à risques…

C’est un privilège d’exposer ses œuvres, une responsabilité exigeante. Montauban sera  « Germinaissons », recouvrant une vingtaine d’œuvres.

C’est là, dans le germe enfoui, niché au sein de la première ou dernière cellule intacte, que la vie reprend, s’allonge, se multiplie, pousse, se ramifie, accouchant de formes à chaque fois renouvelées. Nous cheminerons de filaments en racines en passant par l’eau, lieu d’origine de la vie et jusqu’aux bronzes, magmas refroidis nés du noir originel. Christophe Bassetto pour ARTOP.

*« il faut imaginer Sisyphe heureux » A Camus

Crédit photos @Juan Carlos Pérez Berbén (Tirages possibles marqués à la vente).

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RENCONTRE AVEC LES COLLÈGE ET LYCÉE SECTION ARTS PLASTIQUES DE MONTAUBAN