Par Arnaud DARMAGNAC du collectif Studio_df_art_design
Mots des partenaires
Après « En attendant la mer » et « Caprices » le pigeonnier /octroi a le plaisir d’accueillir cette année le collectif familial Darmagnac pour un troisième acte intitulé « De l’eau ».
Nous n’avons pas oublié l’étonnement et la polémique soulevés par l’installation du grand ponton de « En attendant la mer » ni les regrets exprimés lors de son démontage.
Aujourd’hui, on laisse tomber la mer pour en venir à l’eau douce nécessaire à la vie et qui pourrait être cruellement rationnée dans les années à venir.
Et cette fois, c’est Arnaud Darmagnac qui a conçu pour nous une folle et colossale installation avec du verre, du bois…et de l’eau.
A l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore tous les aspects de l’œuvre achevée, mais avec confiance dans créativité familiale, je ne doute pas que ce sera de nouveau une mémorable exposition et une pure source de bonheur artistique.
Serge Belliard – Président de l’association Maignaut Passion

Voici venue ma 3ème collaboration avec le Studio_df_art_design pour le pigeonnier-octroi de Maignaut-Tauzia avec l’association Maignaut-Passion et 5ème au total, le temps « De l’eau ».
Source de toute vie, elle se teinte désormais de toutes les inquiétudes.
« De l’eau » met en relation le présent et un futur possible, imaginable sans effort, angoissant possiblement. Le passé et l’histoire de l’art y apporteront encore plus de sens.
Des aqueducs aux plaines irriguées, des barrages aux divers canaux de communications et de commerce, l’intelligence humaine a montré ses capacités créatrices géniales dont l’horizon n’est jamais atteint. Cependant, toute médaille a son revers qui recèle ce qui nous caractérise, aussi, et ne supporte aucune bride : L’hubris.
Cette énergie aux méandres délétères a été représentée, l’art s’emparant de toute chose. « De l’eau » devient cette sculpture qui croise le genre Mémento mori jusqu’aux Vanités. Mémento mori parce qu’elle nous souffle que nous restons mortels, Vanité du fait de la mise sous cloche dorée, mais privée, de ce qui nous est essentiel. Nous voulons posséder.
Marchandisation du vivant jusqu’à l’os sinon la moëlle, « De l’eau » est là comme miroir d’une humanité qui, à l’image de la clepsydre, compte et comptera les gouttes jusqu’à la dernière.
Christophe Bassetto, commissaire Artop.
RÉSUMÉ du projet, par Arnaud DARMAGNAC
Comme un cri primal lors de situations extrêmes « De l’eau » est un projet initié par Arnaud dans le collectif. Les points d’ancrages de ce projet sont les diverses inquiétudes liées à cet élément : – La privatisation de la ressource eau. En effet, depuis le 7 février 2020 l’eau a une valeur boursière. Elle a été introduite à Wallstreet, et sur les marchés à terme de la bourse de Chicago. Sa valeur a augmenté de 30% depuis le début de sa cota-tion. – La pollution de l’eau de consommation courante. La concentration de polluants synthétiques (nitrates, pesticides, etc…) impose un nouveau plan de protection de la ressource, engagé déjà par certains départements. Les charbons actifs des centrales de purification durant 3 ans, sont changés tous les 6 mois dans certains secteurs (Gers). – Le constat prévisionnel de 50% de débit en moins dans 10 ans sur certains territoires : problème de maintien de l’étiage, impossibilité de développement industriel, mise en danger des usines nucléaires. – Le problème de répartition humain/industrie/biodiversité. – Le déni face aux défis : baisse de la ressource/augmentation consommation numérique, modes agri dépendants d’irrigation, modes de stockage inappropriés (évaporation), surtourisme. De l’eau reprend le symbolisme et le motif des fontaines connus dans l’art depuis le 19ème siècle, et leur détour-nement essentiels du 20ème.




